Comité d’Organisation de l’Automobile

Le 1er octobre 1940, Lehideux, neveu de Louis Renault, et administrateur-délégué de la SAUR fut nommé responsable du comité d'organisation de l’industrie automobile (COA) constitué par le gouvernement de Vichy le 30 septembre. Lehideux le resta, ainsi qu’administrateur de Renault, jusqu’à son arrestation le 25 août 1944. Il occupa également divers postes dans les gouvernements de Vichy, dont celui de secrétaire d’État-Ministre de la production industrielle de juillet 1941 à avril 1942.

C’est le COA qui était en première ligne dans les contacts avec la section économique du Militärbefehlshaber in Frankreich. Les défenseurs de Louis Renault et ses héritiers présentent commodément les deux hommes comme étant en désaccord. L’amusant –si l’on peut dire –, est que leurs défenseurs respectifs présentent l’autre comme responsable, dans un « ce n’est pas moi, c’est lui » pitoyable.

Toujours est-il que Francois Lehideux, jusqu’au bout administrateur de la SAUR dont son oncle fut jusqu’au bout le président directeur général ultra majoritaire, utilisa bien les services du COA pour favoriser Renault. Les commandes allemandes, payées par les frais d’occupation, donc finalement par les contribuables français, affluèrent. En particulier les commandes de chenilles, maillons de chars, etc. « livrables avant le 15 juin 1941 », et qui ne paraissent pas destinées à l’entretien de troupes d’occupation, comme l’écrit Amaury de l’Epine du COA dans une lettre traitant de diverses commandes.  Renault, par rapport aux autres constructeurs français se développa relativement, comme l’atteste la note statistique du COA de novembre 1943, dont les chiffres sont repris ci-dessous pour illustrer la part croissante de Renault dans l’automobile française au cours de la guerre. Malgré les bombardements de 1942 et de 1943, la part des ouvriers Renault dans l’automobile française passa de 37 à 46% en deux ans et demi.

effectifs_renault